L'interview
Comment vous est venue l’idée de faire un roman-photo sur Vélib' ?
J’avais envie de raconter à ma manière des anecdotes glanées auprès des utilisateurs de Vélib’. Au départ j’ai plutôt pensé à une BD, mais je ne sais pas dessiner. J’ai alors imaginé la forme du roman-photo. Auteur de théâtre, j’adore écrire des dialogues pour les comédiens ; les faire parler dans des bulles m’a obligée à être incisive. Aujourd’hui une vingtaine d’épisodes sont sortis, je constate que ce genre, traité avec un léger décalage, amuse beaucoup les lecteurs qui en redemandent !
Pourquoi Vélib’ est-il un bon sujet d’inspiration ?
Vélib’, dans mon roman-photo, est un fil rouge, un prétexte à raconter de manière humoristique des scènes de la vie quotidienne à Paris. Si Vélib’ est une activité qui se pratique seul, il a aussi incontestablement créé du lien entre ses adeptes : occasions de rencontre ou accrochages, resquilles à la borne, prises de Vélib’ et prises de tête… Ces scènes sont toutes révélatrices des petites manies ou des grands travers des Parisiens, de leurs désirs, de leurs frustrations, de leurs différences, de leur individualisme. Le sujet est inépuisable !
Etes-vous vous-même utilisatrice de Vélib' ? Que pensez-vous du système ?
Je suis une consommatrice immodérée du vélo en libre-service. L’arrivée de Vélib’ m’a grisée de liberté : ah, ne plus s’entasser dans le bus ou le métro, ne plus chercher indéfiniment une place pour se garer, ne même pas avoir à réparer une chaîne cassée… Bien sûr, les vélos sont parfois défectueux, certaines stations désespérément vides, d’autres pleines à craquer. Ça ne roule pas toujours comme on le souhaiterait ! Mais je ne m’en plains pas, car ces couacs sont une matière formidable pour « Le Vélib’déchaîné »…