Les coulisses de Vélib’ : visite guidée
Vous
avez vu de nombreuses stations ouvrir depuis cet été dans tous les
quartiers de Paris. Avec un service encore plus facile d’accès grâce à
ces nouvelles stations, le paysage change et nombre d’entre vous
(re)/deviennent des cyclistes. Pour vous offrir le meilleur service,
avec désormais plus de 160 000 abonnés, les équipes de régulation et de
maintenance s’adaptent et mettent en place de nouveaux dispositifs.
Vélib’ vous offre une visite guidée à travers le témoignage des
responsables de la régulation et de la maintenance, ainsi que de leurs
équipes.
La journée d’un Vélib’
Avec l’augmentation du nombre de stations, les responsables de la
régulation constatent une répartition des vélos plus fluide et surtout
plus naturelle. Aujourd’hui, les agents adaptent surtout les actions de
régulation par rapport aux quartiers et horaires d’affluence. On parle
alors de « déplacements pendulaires ». La plupart des Vélib’ partent
chaque matin de la périphérie de la ville, des quartiers résidentiels
notamment les 12e, 15e, 19e et 20e arrondissements, pour rejoindre les
quartiers d’affaires au centre de Paris. C’est alors que les 1er, 6e,
8e ou 9e arrondissements se remplissent. Le soir, les Vélib’ font le
chemin inverse «
mais le phénomène est moins visible, le soir les gens prennent le temps
de sortir, de se balader dans Paris, ils ne rentrent donc pas tout de
suite chez eux » précise un des responsables.
Chaque jour les superviseurs analysent donc ces phénomènes pour
travailler en étroite relation avec les agents de régulation et leur
chef de secteur. Les agents chargés du 20e arrondissement peuvent
s’attendre à ce que la station Ménilmontant figure sur leur parcours…
Quand l’heure est aux loisirs et aux grands rendez-vous, Vélib’ est
très sollicité. Les équipes ont pu s’en rendre compte lors d’évènements
comme la Coupe du monde de rugby ou pendant Nuit Blanche. Comme les
jours de grève, les places et les vélos se font plus rares, mais les
agents de régulation tirent profit de leur expérience pour anticiper.
Et le week-end ?
Place aux loisirs. En fin de semaine, les Vélib’ sont de sortie !
Shopping le samedi après-midi et restaurant ou bar le soir près de
République, Bastille… Les superviseurs peuvent observer sur leur carte
dynamique les stations se remplir dans les quartiers les plus
fréquentés le week-end. Rue de Rivoli, quartier des Halles ou encore
rue de Rennes sont les premières au palmarès. Le dimanche en revanche,
même les Vélib’ se reposent. Les stations commencent à s’animer vers 10
h, l’après-midi les usagers se baladent pour rejoindre les parcs et
jardins.
M. Cissé, agent de régulation
M. Cissé, 30 ans, est un des 50 agents de régulation. Il a participé à
la mise en place des vélos en station à l’ouverture du service, le 15
juillet. Un défi enrichissant pour ce Sénégalais qui avait déjà une
expérience dans le transport et la logistique.
Pouvez-vous nous décrire votre parcours ?
"Je travaillais dans l’aviation quand je vivais au Sénégal. J’étais
dans le transport et la logistique, je devais - entre autres - me
charger de faire le plein de carburant des avions. Je suis arrivé au
Havre en janvier dernier puis je me suis déplacé en région parisienne
dans le Val-d’Oise pour travailler. J’ai trouvé ce poste qui correspond
à mes compétences et à mes projets professionnels. J’ai suivi une
formation, notamment pour maîtriser les camions de régulation, monter
les vélos sur la remorque et les décharger, faire attention aux autres
véhicules… La sécurité est importante."
En quoi ce poste vous convient-il ?
"Je suis autonome car je gère mon secteur en fonction des stations
pleines ou vides. Je suis responsable et, si je constate un problème,
je préviens la supervision avant de prendre une décision. C’est aussi
un travail d’équipe."
Quel défi doit relever un agent de régulation ?
"Un bon agent de régulation doit bien connaître son secteur mais il
doit aussi pouvoir intervenir de façon efficace dans les autres
arrondissements. Depuis l’ouverture du service, il a fallu être plus
réactif lors d’évènements comme Paris Plage ou pendant les jours de
grève. Parfois je suis amené à intervenir sur les secteurs limitrophes,
comme le 17e arrondissement. Dans les quartiers en hauteur, les vélos
remontent rarement ! C’est surtout le cas dans les 19e et 20e
arrondissements."
Quels phénomènes particuliers rencontrez-vous quotidiennement ?
"Mes secteurs principaux sont les 8e et 9e arrondissements. Il
s’agit des quartiers qui se remplissent très vite le matin et qui se
vident le soir vers 19 h. Entre 13 et 14 h les mouvements sont beaucoup
moins fréquents. Au début, je ne m’attendais pas à une fréquentation
aussi élevée, il a fallu s’adapter pour assurer l’équilibre des
stations."
Infos pratiques
Plus de confort en station
Il vous est peut-être arrivé de louer un vélo et de vous rendre compte
seulement après l'avoir décroché qu'il était endommagé. Vous deviez
alors attendre quelques minutes avant de pouvoir prendre un autre
Vélib’ en bon état. Depuis le mois dernier, vous n’avez plus besoin de
prendre votre mal en patience, si vous raccrochez votre vélo
immédiatement vous pouvez relouer un vélo aussitôt.
Des véhicules propres au service de Vélib’
En vous déplaçant à vélo vous faites un geste pour l’environnement.
Quant aux équipes Vélib’ elles se déplacent à l’aide de véhicules
propres. 20 véhicules de régulation, d’une capacité de 20 vélos, sont
alimentés au gaz naturel de ville (GNV).
Les agents de maintenance circulent quant à eux à l’aide de vélos à assistance électrique.
Les agents d’entretien passent d’une station à l’autre avec de
petits véhicules électriques : ce sont des « Goupils », au nombre de
10. Ces véhicules non polluants permettent de transporter du matériel
d’entretien. Ils effectuent peu de déplacements grâce à la proximité
des ateliers répartis dans différents secteurs de Paris. « Les
agents de maintenance, d’entretien et de régulation sont donc toujours
à proximité de leur secteur pour intervenir rapidement et éviter de
multiplier les déplacements » explique un responsable.
A tous ces véhicules s’ajoute l’atelier-péniche qui circule sur la
Seine et accueille une véritable base pour les interventions lourdes
des vélos. Ce mode de déplacement s’inscrit également dans une démarche
écologique.
Les particularités de l’atelier-péniche
« La péniche est un moyen à la fois écologique et efficace de
traverser Paris tout en évitant les embouteillages. Elle se déplace à
régime bas, soit 10 km/h » explique Jean-Claude Joyeux, responsable
des transports. L’avantage par rapport à un atelier fixe : la péniche
est présente sur tout l’hyper-centre. Celle-ci traverse la Seine avec
plusieurs escales pour récupérer les vélos endommagés ou les
réintroduire dans des cages situées au bord des quais. « Les
responsables de la péniche ont suivi une formation pour maîtriser la
grue, qui sert à acheminer les vélos à terre, 5 par 5, lorsque les
quais sont trop en hauteur » ajoute-t-il. En 8 heures elle fait
l’aller-retour de Charenton, son port d’attache, au pont Mirabeau. Les
responsables de cet « atelier flottant » préviennent la supervision au
fur et à mesure de façon à ce que les agents de régulation puissent
récupérer les vélos réparés. A bord, 4 mécaniciens redonnent une
seconde vie aux vélos, ils réparent en moyenne 30 à 40 Vélib’ par jour.
Les mécaniciens interviennent majoritairement sur des paniers cassés ou
des roues tordues. «La péniche peut accueillir jusqu’à 10 mécaniciens et le potentiel pour réparer les vélos est de 150 par jour » précise Jean-Claude Joyeux.
Un couple aux commandes de la péniche Vélib’
Aux commandes de l’atelier-péniche, Alain et Joceline Gouet sont dans
le métier depuis près de quarante deux ans. Ils se relaient toutes les
deux semaines avec un autre couple de mariniers. Ils sont tous les deux
responsables du bateau, ils le conduisent et se chargent de
l’entretien.
« Etre marinier c’est synonyme de liberté, nous sommes
autonomes et responsables. C’est un métier agréable car nous ne sommes
jamais enfermés » explique Alain. Le « pacha » comme on se plaît à
le dire chez les marins, a vite pris du galon en commençant sa carrière
très jeune. Il a obtenu un brevet de pilote lui permettant de conduire
un 180 mètres de long. Dès 14 ans il accompagnait son frère comme
matelot puis, à 18 ans, il était capitaine. « Nous sommes mariniers
de génération en génération, seuls nos enfants n’ont pas souhaité
suivre cette voie. Pour exercer ce métier, j’ai d’abord été apprentie
marinière pendant trois ans puis j’ai passé ma licence pour le permis », souligne Joceline, née au Havre.
Le couple est inséparable : Joceline et Alain ont travaillé toute leur
vie ensemble, d’abord salariés pendant dix ans pour une entreprise
belge puis à leur propre compte. Artisans, ils ont investi dans un
bateau qu’ils ont modifié pour développer leurs activités diversifiées
: voitures, charbon, sable, farine... Le sourire ne les quitte pas
lorsqu’ils évoquent leurs souvenirs : Joceline sort avec fierté les
photos de leur ancien pousseur (ou remorqueur) qu’ils se sont décidés à
vendre avant de ne plus pouvoir tenir le rythme qu’exige cette
profession. « Nous avons souvent travaillé de nuit et nous faisions parfois le travail de cinq personnes. » insistent-ils. 100m² habitables et 3 chambres : le pousseur était leur deuxième maison.
Un couple fusionnel, qui ne peut se passer de la mer même en vacances.
Pêche, sport nautique, baignade… Un port ne sera jamais très loin
d’eux. « Je ne peux pas rester trop longtemps à terre, j’ai besoin d’être près de l’eau pour me sentir bien » conclut Joceline.
Virginie Fosset, agent de maintenance cycle
Virginie 23 ans, l’un des 175 agents de maintenance, a commencé dès
l’ouverture du service. Aujourd’hui elle est en CDI, son contrat de 25
h lui permet de se consacrer à sa passion, la musique.
Comment avez-vous trouvé ce poste ?
"Je me baladais dans Paris puis les travaux m’ont interpellée. Je me
suis renseignée sur Vélib’ et j’ai postulé aussitôt. Je cherchais un
poste dont les horaires me permettent de me libérer du temps pour
exercer ma passion. Je suis auteur, compositeur, interprète au sein
d’un groupe de musiciens. J’aime le vélo, moi-même je suis devenue
utilisatrice du service. C’est un mode de transport écologique et très
convivial."
En quoi ce poste vous correspond-il ?
"Ce poste me permet d’être à la fois autonome mais tout en travaillant
avec une équipe. Nous suivons notre feuille de route et nous devons
gérer une quinzaine de station dans notre secteur. J’apprécie le fait
de travailler toute la journée à vélo, de passer d’une station à
l’autre et de profiter ainsi du paysage que nous offre Paris. Nous
sommes souvent au contact des gens, c’est un des aspects les plus
plaisants."
Quels ont été vos débuts au sein des équipes Vélib’ ?
"Je ne connaissais pas le métier de mécanicien cycle mais je suis
plutôt manuelle. Je n’ai aucune appréhension à réparer des vélos, la
mécanique me plaît. Avant de commencer nous avons bénéficié de
l’expérience des formateurs."
Décrivez-nous votre journée ?
"Je passe d’une station à l’autre pour réparer les vélos sur place. Le
nombre de vélos réparés varie selon les secteurs. Souvent je regonfle
les pneus, je répare les chaînes, les chambres à air, les feux ou les
roues voilées. Je me charge également des vélos parfois bloqués en
station et signalés par un voyant rouge. Si le vélo est endommagé,
j’appelle un superviseur qui bloque le vélo sur son point d’attache.
Ainsi les agents de régulation peuvent acheminer ces vélos en atelier."
Pouvez-vous revenir sur le dispositif mis en place pour éviter les chaînes cassées ?
"Comme les mécaniciens cycles en atelier, nous installons les tendeurs
de chaînes au fur et mesure pour que les vélos soient équipés dans les
meilleurs délais. Le tendeur de chaîne se place à côté de la boîte de
vitesse. Celui-ci permet à la chaîne de rester bien tendue entre les
deux pignons du vélo."
La station du mois
Boulevard de Picpus, 12e arrondissement
Au 12, boulevard de Picpus, vous trouverez une grande station Vélib’.
Située entre la place de la Nation et le bois de Vincennes, proche des
gares d’Austerlitz et de Lyon, vous découvrirez, près de cette station,
le calme de la nature et à la fois l’animation du quartier : de quoi
sortir, vous balader ou faire vos courses. Pour dénicher un coin de
verdure, longez la rue de Picpus et arrivez à proximité de la porte
Dorée où vous pourrez déposer votre vélo au 1, place Edouard-Renard
pour vous rendre au bois de Vincennes ou encore à la toute nouvelle
Cité nationale de l’immigration. Et, si vous préférez le jardin de
Reuilly où s’épanouissent de nombreuses espèces d’arbres et de plantes
sur 4200 m², passez par la place Félix Eboué, où domine la
Fontaine-aux-Lions installée vers 1875 et continuez sur l’avenue
Daumesnil. Là, vous apprécierez l’architecture particulière du Viaduc
des Arts, ancienne ligne de chemin de fer entre la gare de la Bastille
et Boissy-Saint-Léger. La station du boulevard de Picpus est au cœur
d’un quartier où se concentrent de nombreux loisirs. Proche du parc de
Bercy, vous pouvez également rejoindre les quais de Seine pour profiter
de la passerelle Simone de Beauvoir inaugurée le 13 juillet 2006,
située entre les ponts de Bercy et de Tolbiac et consacrée aux
circulations douces. Après avoir profité de ces instants de
tranquillité, rejoignez la place de la Nation puis le cours de
Vincennes également propice aux deux-roues et aux piétons.